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La piste des dinosaures du Revermont

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Les traces de dinosaures de Villette

Attention à la chaussée dégradée, le promeneur distrait pourrait se fouler la cheville dans l’un des trous qui truffent le chemin forestier.

Merci de bien respecter ce site fragile.

Des trous ? Mieux que ça : des empreintes de dinosaures certifiées kimméridgien, c’est-à-dire datant de150 millions d’années avant notre ère ! Et il y en a des dizaines sur la plateforme dégagée près de la carrière du hameau de Perroï.

Comment différencier le nid-de-poule du pas de dino ? C’est l’art de Patrice Landry, géologue de profession et paléontologue de passion à la société des naturalistes d’Oyonnax (SDNO). « La trace est caractéristique. Elle forme un bourrelet de 35-40 centimètres de diamètre quand l’animal marche dans la boue. Parfois, on distingue les doigts. Dans le cas présent, il s’agit de sauropodes des diplodocus ou des brontosaures, de gros herbivores d’une vingtaine de tonnes, plantigrades à l’arrière, digitigrades à l’avant. Leur voie est étroite, contrairement à d’autres reptiles, lézards, varans ou crocodiles. Le juge de paix, c’est le décamètre. Voyez : pile 1,50 mètre entre chaque trace. Quand l’espacement est aussi régulier, on est sûr de se trouver en présence de dinosaures ».

Avant, arrière, gauche, droite… Avec le mode d’emploi, suivre le sauropode à la trace relève du jeu d’enfant. Deux pistes parallèles remontent ainsi la plateforme sur une quarantaine de mètres. « Visiblement, ils cheminent à la recherche de nourriture. Il devait y en avoir cinq ou six, peut-être plus. On le saura lorsque l’on aura dégagé une surface suffisamment grande ». Le « tracto-paléo » entrera en action au printemps .

Patrice Landry montre encore des fossiles de stromatoporoïdes cladocoropsis (ouf !), joliment imprimées sur la roche. Pour faire court, « des sortes de petites éponges caractéristiques ». Voilà qui accrédite la thèse selon laquelle l’Ain… était une île ! « Ces découvertes changent le monde. On a cru longtemps que la région était sous la mer. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il y avait des hauts fonds, mais aussi des terres émergées. Des îles suffisamment grandes pour nourrir des troupeaux entiers de dinosaures qui circulaient entre elles ».

Comment sont-ils arrivés jusqu’à nous ? « Leurs traces ont été recouvertes de sédiments et sous ce poids, se sont enfoncées de plusieurs kilomètres. Il y a trente millions d’années, l’Afrique a dérivé vers l’Eurasie. La tectonique des plaques a bousculé les couches, qui se sont plissées, fracturées et sont remontées à la surface. Les glaciers les ont érodées et découvert les empreintes ».

Fantastique, non ? Un petit tour entre les « trous » d’Hautecourt, et vous voilà embarqués dans la machine à remonter le temps pour voyager du centre de la terre à Jurassic Park. « Et on n’est qu’au début de l’histoire » s’enflamme Patrice Landry. Le géologue ne désespère pas de découvrir un théropode carnivore, comme à Plagne, voire — le Graal — un squelette. « En général, ils ne se tiennent pas aux mêmes endroits. Il faudrait que la bête ait été enfouie dans les sables mouvants. Mais des centaines de milliers de dinosaures ont vécu ici pendant des millions d’années. Alors sait-on jamais… »

Marc Dazy

01250 Hautecourt-Romanèche

Téléphone /fax : 04 74 51 80 66