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voie romaine de lons le saunier à coligny

Voie romaine de Lons le Saunier à Coligny

La voie romaine de Lons-le-Saunier à Coligny gravissait le mont Cœlius (Montciel) et se dirigeait par Sainte-Agnès, Rotalier, l'Abergement, les Pourrets, Rosay et Graveleuse à l'Aubespin d'où elle descendait vers Coligny >>.

<< A Rosay, à l'Abergement, elle portait le nom de meix Ferré, Grand Chemin de la Poste, Vie des Sauniers, Grand chemin de Rotalier et chemin de l'Aubespin >>.

Un beau jour, nous avons décidé d'en reconnaître les traces sur le terrain - Nous sommes montés sur la côte et là, dissimulée dans des taillis, recouverte d'herbe folle, passant quelquefois à deux pas de voies existantes, nous avons eu l'immense plaisir de la retrouver, profondément gravée dans le sol, dans son parfait alignement, vestige rappelant encore, si besoin était, le rôle important joué autrefois par la première côte du Jura .

Comme preuves, nous pouvons donner:

1) Le parcours du chemin effectué à pied. Nous n'avons pas reconnu la voie dans toute son étendue. Il reste des discontinuités -soit que nous les ayons volontairement laissées de côté -soit que la recherche s'avère fort difficile par suite des modifications apportées par le temps. L'empierrement, l'alignement caractéristique des voies romaines, le relief souvent déterminant, les monuments anciens: châteaux, églises, nous ont beaucoup aidés.

2) La tradition orale. De nombreux cultivateurs nous ont fait part de leurs souvenirs, transmis de génération en génération. Ils nous ont signalé les travaux importants effectués depuis le début du siècle: travaux de voirie des Ponts et Chaussées, installations d'égouts, aménagements et démolitions.

3) Les documents écrits. Malheureusement ces derniers sont rares.

Dictionnaire des Communes du Jura de M.Rousset . Légère inexactitude déjà signalée.
La Franche-Comté à l'époque romaine de M.Clerc (d'après les travaux de M.D.Monnier). Je relève une légère erreur sur la carte : la voie romaine passait au pied de Saint-Jean d'Etreux et non à Saint-Jean même - et des imprécisions dans la région de Saint-Amour.
La carte de Cassini ne nous a été pour cette route d'aucun secours.
Un vieux plan de la région de Saint-Amour de 1612, tiré des archives de Bourgogne5 . Précieux pour la fin du parcours.

Les cartes d'état-major actuelles pour les lieux-dits et les chemins actuels. Aide très importante.

Nous avons consulté, au titre des ouvrages généraux, l'excellent livre << Les Voies romaines >> de Victor W Von Hagen - Hachette 1967 - et lu la traduction des commentaires de la Guerre des Gaules de César. Nous pensons d'ailleurs que cette voie n'a pas été empruntée par César et, comme Monsieur Clerc et contrairement à Monsieur D.Monnier, que la voie d'Aggripa, gendre d'Auguste, serait plutôt la voie passant sur le plateau d'Orgelet (Pont d'Evans - Chavéria - Caesarea) beaucoup plus importante.

Nous avons tenu à figurer sur les cartes d'état-major - Orgelet n°5 - Montpont n°8 et Saint-Amour n°4 au 1/20 000 ème, dressées par l'Institut Géographique National, le chemin que nous avons suivi. Ce tracé précis restera en notre possession faute de pouvoir le reproduire.

Il peut paraître curieux de voir passer une route de Coligny à Lons-le-Saunier par la côte. Nous ferons remarquer que la Bresse était autrefois marécageuse et peu sûre, qu'une route par la côte était plus facile à défendre et que la région de la source du Suran, encore pleine de traditions celtiques, était certainement très habitée (défrichée très tôt).

Nous commencerons la description des trajets reconnus en partant du hameau des Pourrets et en nous dirigeant vers Coligny.

Trajet des Pourrets à Rosay.

La voie romaine part de l'abreuvoir en suivant un chemin existant, en bas de la route goudronnée actuelle. On descend un petit raidillon et on tombe sur un pré.
On longe ce pré, puis la lisière d'un bois sur la droite, en passant au fond d'une vallée. la route devient plus difficile à suivre. Elle est en partie dissimulée par un taillis épais mais parfaitement reconnaissable par son méplat. On laisse un abreuvoir récent à droite. On trouve maintenant un chemin convenablement empierré qui nous amène devant l'église et le cimetière de Rosay8

Graveleuse.

La voie romaine passe devant la Chapelle des Templiers à Graveleuse. Il y a une source près de la chapelle qui alimente maintenant trois abreuvoirs.
Nous pensons qu'un maréchal-ferrant était installé depuis très longtemps à Graveleuse.
A Graveleuse, on pouvait donc donner à boire aux bêtes, ferrer les chevaux et réparer les chariots.

Trajet de Lamarre à Curny.

Près du lieu-dit << les Quatre-Bornes >> (Il est possible qu'il y ait eu un milliaire aux << Quatre-Bornes >>. (Les << Quatre-Bornes >> sont quatre mottes, anciens tumuli, situées sur le territoire de la commune de Granges-de-Nom. Depuis des temps très anciens, elles ont servi de bornes frontières entre les peuples. On peut les voir, à l'heure actuelle, considérablement amoindries et recouvertes de brousailles, dans les champs dits "en Brenoz" sur le territoire de Granges-de-Nom. On a trouvé, au siècle dernier, dans une des mottes le sabre << du général Brenoz >>. Ce sabre a été déposé au Musée de Lons-le-Saunier. Rappelons que Brenn était le nom celtique du Roi des Séquanes et que Brennus était le chef gaulois qui prit Rome en 390 avant J-C. La carte de Cassini et le dictionnaire Rousset indiquent avec certitude l'existence d'un oratoire en ce lieu, croisement de la voie romaine de Lons à Coligny et de la voie romaine de Balanod à Orgelet (la "vieille route d'Orgelet") appelée encore la << Vua >> à Balanod. Des bornes similaires, représentées par des élévations de terre, se trouvent à l'Ouest de Saint-Amour, près de Saint-Sulpice, dans le département de Saône-et-Loire à la frontière de celui du Jura. La tradition les attribue à la reine Brunehaut (cf annuaire du Jura-1813- page 90)), à gauche de la route de Lamarre, nous observons des pavés sur un vieux chemin. C'est notre voie. Nous suivons la lisière d'un champ. Nous la retrouvons au croisement de la route de Cuiseaux et de la route de Balanod à Orgelet. On la suit alors dans un taillis, puis elle s'identifie avec un chemin tracé sur la carte. On quitte ce chemin et la voie s'enfonce au bas d'un pré, puis arrive au sommet d'une combe d'où on aperçoit, droit devant soi, les maisons de Curny. Elle descend le creux de cette combe entre deux taillis. On sort d'un pré. On retrouve un chemin tracé. On passe à côté d'un très vieil abreuvoir, où l'eau ne tarit jamais , puis on remonte à droite vers la dernière maison de Curny.

La voie est nettement pavée en arrivant; légèrement bouleversée car on a creusé pour laisser passer des conduites d'eau.

Trajet Curny - Bois de la Chapelle - L'Aubespin.

A l'entrée de Curny, nous tombons sur des terres labourées que nous contournons par la gauche. Entre deux murs, on retrouve la voie. Elle devient dallée. Puis, on traverse la route goudronnée de Curny à Thoissia.

Notre voie romaine grimpe un raidillon entre deux murs (des "murgers") et traverse un bois. Sur ce raidillon, il y aurait une pierre dallée avec un lion effacé représentant mi-chemin entre Montagna et Véria. Puis on tombe sur Bois de la Chapelle .On gagne alors l'Aubespin en suivant un chemin bien empierré ( lieu-dit les Perrières) qui nous mène au sommet de la route de Saint-Amour à Thoissia. En faisant bien attention de prendre un vieux chemin dans un fourré, immédiatement à droite après le col, on tombe juste sur l'Aubespin

Trajet L'Aubespin - Villette.

De l'Aubespin à Villette, la voie romaine suit le tracé de la petite route actuelle, passe devant le lavoir laissant la côte de l'Arpin à sa droite puis longe un taillis en s'écartant du trajet goudronné pour finalement retomber au croisement de la route de l'Aubespin et de la route de Saint-Amour à Thoissia (D3).

Elle longe un moment la route impériale D3 (on voit encore les murs de soutènement en écartant quelques branches) puis, traversant un pré, rejoint la route romaine de la Creuse (Saint-Amour - Thoissia - Andelot - Arinthod) en un point où le dallage est encore visible. En ce lieu, il y avait encore au début du siècle une mare comblée par les soins des Ponts et Chaussées.
On arrive à Villette entre deux murs bien conservés. C'est un chemin goudronné.

Trajet Villette - Nanc - Coligny.

A la sortie de Villette, on bifurque à gauche, au-dessus de la route impériale D3. On passe au-dessus d'une carrière actuellement exploitée et on retrouve la route impériale au virage de la Croix du Jubilé. On descend alors et on arrive à Nanc, à droite de l'église. On perd alors sa trace.
Mais, à cent mètres de la D 1083, sur le chemin de Chazelles à Cessia, on retrouve notre chemin, bien empierré, qui suit une direction sensiblement parallèle à la route nationale. Nous le suivons, laissons à gauche un chemin qui monte à Saint-Jean, traversons le lieu-dit << la Pérouse >> . La marche devient moins facile, l'herbe pousse et nous passons entre des arbustes. On atteint le chemin de Saint-Jean à Chazelles. On traverse un champ à la lisière duquel on suit la voie marquée par un méplat et des ornières. Puis, après un cheminement beaucoup plus flou, on tombe sur une carrière de pierres en exploitation qui fait une tranchée béante dans notre voie.

A la sortie de la carrière, nous laissons un groupe de pins à notre droite. Deux sillons nous guident à travers des touffes d'herbes toujours tout droit. La voie surplombe la Bresse, soutenue par un mur en bon état, également protégée de l'autre. Nous laissons à gauche un sentier qui remonte et atteignons la statue de Saint-Joseph (1883). Le chemin devient alors magnifique. Nous sommes à flanc de coteau sur le roc. A gauche, des vignes. A droite, la Bresse. La pente s'accentue rapidement. Nous arrivons à Coligny, au pied du Château de Coligny-le-Vieil, au croisement de la rue de Bresse et de la D 1083, non loin des lieux où furent trouvés le Dieu de Coligny et le Calendrier Gaulois.

Robert FAVERGE

01270 Coligny