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(Français) Les pelouses sèches du Revermont

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(Français) Les pelouses sèches du Revermont

Introduction
Le Revermont, massif calcaire situé entre Bourg-en-Bresse et la cluse de Nantua, constituant les premiers chaînons Jurassiens entaillés de vallées sèches, possède une identité forte. En particulier, les gorges de l’Ain avec ses falaises et les méandres de la rivière constituent un site exceptionnel sur le plan paysager.

Les deux habitats « dominants » (en terme de superficie) sont les formations stables xérothermophiles (résistantes à la sécheresse et aux fortes chaleurs) à Buis des pentes rocheuses et les pelouses sèches à orchidées. Ce sont des milieux d’intérêt écologique majeur, avec une flore et un peuplement d’insectes diversifiés.

Les pratiques agricoles ancestrales ont façonné le paysage d’aujourd’hui avec des milieux ouverts, créés par défrichage depuis le moyen âge, associés à un patrimoine unique : une flore spécifique qui s’est adaptée (sols calcaires, peu épais, perméables et secs) : orchidées, pulsatille, globulaire, orpin…

Le Revermont présente ainsi une richesse patrimoniale reconnue au niveau européen qui lui vaut d’être intégré au réseau NATURA 2000.

Or, à la suite de l’abandon par les agriculteurs du pâturage, les pelouses ont tendance à s’embuissonner et à évoluer vers un stade forestier. Ce phénomène provoque d’une part une perte grave de biodiversité et d’autre part une fermeture du paysage qui constitue à la fois une perte du patrimoine agricole et une perte de l’esthétique de ce territoire.

Les pelouses sèches

Terrain extraordinaire d’observation et d’étude pour les naturalistes, elles sont aussi bien connues des randonneurs lorsqu’elles occupent quelques bordures de plateaux calcaires dans le Jura, souvent parcourus par des sentiers remarquables.
Petites surfaces entièrement entourées par une unité floristiquement et écologiquement différente; elles s’en distinguent également par leurs caractères fonctionnels qui en font des fragments d’écosystèmes autonomes

Qu’est-ce qu’une pelouse sèche?

Les pelouses sèches franc-comtoises se caractérisent par un type de végétation herbacée installé sur des sols généralement superficiels, à degré nutritionnel plutôt faible. La diversité des pelouses comtoises est assez importante :
– les pelouses xérophiles (préfixe xéro : sécheresse) inféodées aux milieux très secs (rebords de corniche, sommets balayés par les vents),
– les pelouses mésophiles recherchant des conditions moyennes d’humidité-sécheresse (préfixe méso : moyen) et présentant plusieurs typologies différentes en fonction du sol (nature, pente, profondeur), de l’exposition ou de l’altitude,
– les pelouses mésophiles silicicoles installées sur des roches acides.

Ces conditions particulières et sévères (voir encadré : qu’est-ce qu’une pelouse sèche?) entraînent une sélection de plantes qui ont du s’adapter physiologiquement et morphologiquement pour survivre. Ce sont donc des milieux riches et diversifiés. Elles permettent de qualifier les pelouses de véritables ” points chauds ” de biodiversité. Les pelouses sèches abritent une richesse floristique exceptionnelle. A titre indicatif, pour 10 à 20 plantes sur 30 m2 sur une prairie améliorée, on en compte 50 à 60 sur une surface identique en pelouses. Parmi elle, beaucoup d’espèces rares ou menacées, souvent protégées (hélianthème des Apennins, aspérule des teinturiers, ophrys abeille, aster amelle,…). Se maintient également sur ces pelouses, une faune très diversifiée : Insectes : azuré du serpolet, mante religieuse, apollon; Reptiles : lézard vert, couleuvre verte et jaune; Oiseaux : engoulevent d’Europe, alouette lulu,…

Des milieux menacés

En plusieurs décennies, des centaines d’hectares de pelouses sèches ont évolué progressivement vers un stade forestier de manière volontaire ou non. Des activités agricoles intensives (retournement, broyage de roches, cultures) ont modifié considérablement les sols superficiels. Plus couramment aujourd’hui, la disparition de l’activité de pâturage ou de fauche a conduit à un embroussaillement régulier et continu, facteur d’appau-vrissement faunistique et floristique. Dans d’autres secteurs, l’exploitation de gisement rocheux massifs, la pratique intensive de sports mécaniques ou encore l’utilisation d’espaces considérés comme marginaux ou incultes (dépôts temporaires ou permanents divers, urbanisation) ont considérablement dégradé voire anéanti les fragiles couverts superficiels.  « Les pelouses sèches, comme les tourbières ou d’autres milieux rares, font partie intégrantes du patrimoine naturel jurassien, et on peut donc leur accorder la même attention qu’au patrimoine bâti, et la même détermination lorsqu’il s’agit de leur préservation”